Coopération transfrontalière (2/2)
Entre Liège, Strasbourg et Luxembourg, les hôpitaux se rapprochent
27-05-2003 - Les hôpitaux universitaires de Liège, Strasbourg et du Luxembourg ont monté un projet de coopération d'un montant de trois millions d'Euros. Ce projet, financé pour moitié par le programme Européen INTERREG III B, est l'un des premiers choisis par l'Europe. Fondé sur une coopération de savoir-faire et une mutualisation de moyens, il permettra à ces trois établissements d'améliorer la prise en charge de leurs patients en évitant à ces derniers, dans certains cas, des hospitalisations lointaines.
Le programme INTERREG mis en place en 2000 par l'Union européenne permet aux pays membres de valoriser des projets de coopération entre régions ou entre pays. C'est donc dans le cadre du programme INTERREG IIIb (coopération trans-nationale) que les Hôpitaux universitaires de Strasbourg, le Centre hospitalier universitaire de Liège en Wallonie et le Centre hospitalier de Luxembourg ont monté un projet de coopération. Si le programme européen a démarré en 2000 et a été prévu pour une période allant jusque 2006, les textes officiels ne sont parus qu'en mai 2002. C'est donc à cette date que les trois hôpitaux ont pu officiellement -et dans les premiers- déposer leur dossier de candidature. Et cette " formalité " n'a pas été simple comme l'explique Claude-Marie Laedlein, responsable du dossier pour les Hôpitaux de Strasbourg. " Le but de ce programme est de faire travailler entre elles des régions qui ne sont pas frontalières. Le dossier a été très lourd à monter car au niveau européen, les textes n'étant pas sortis, nous avons du travailler " à l'aveugle ". De plus, la santé n'était pas un secteur prévu dans le cadre de ces programmes. Il a fallu défendre nos objectifs de manière plus forte que les autres secteurs. Nous avons d'abord regardé dans chaque hôpital si des coopérations informelles entre nos établissements existaient déjà. Ce premier état des lieux nous a servi de base de travail. Ensuite pour le montage du dossier nous avons appliqué la règle des trois P : patience, persévérance et pugnacité". Et cette règle a payé puisque sur 40 dossiers déposés, celui des hôpitaux de Luxembourg, Strasbourg et Liège a été le deuxième des dix projets retenus.
Coopération technique, médicale et humaine
A la base de ce projet, un constat simple : " Compte-tenu de la proximité géographique, l'énergie que les trois hôpitaux déploient sera d'autant plus performante si une convergence d'action entre eux est établie. En décidant de créer un réseau de coopération hospitalière transnationale tout à fait novateur dans l'Europe du nord-ouest, les trois hôpitaux pourront ainsi mettre en commun leurs potentialités médicales, humaines, technologiques, scientifiques, intellectuelles, ainsi que leur savoir-faire respectifs ". Ce projet de coopération a ainsi trois champs d'activité : l'informatisation en santé, les innovations technologiques et la prise en charge du patient, les ressources humaines et la formation professionnelle. Au niveau de l'informatisation, le but est de mettre en réseau les trois hôpitaux afin qu'ils puissent, grâce aux nouvelles technologies, communiquer les dossiers médicaux et échanger directement par le biais de la télé-médecine et de la visio-conférence. " Les informaticiens de chaque hôpital se sont déjà rencontrés afin de travailler sur la mise en commun de nos réseaux informatiques. Le lancement de l'appel d'offres est prévu avant la fin de l'année. Le but à terme est que toute la région ait un réseau commun ", explique Claude-Marie Laedlein. La création de pôles d'excellence devrait favoriser par ailleurs une prise en charge efficiente des patients. Ainsi par exemple, la prise en charge de la transplantation hépatique, de la schizophrénie, de la maladie d'Alzheimer ou encore des grands brûlés seront des pôles d'excellence répartis entre les trois hôpitaux. Les patients pourront être soignés à proximité de leur domicile tout en bénéficiant des compétences des autres établissements. Le premier rapport de fonctionnement est prévu pour le mois de juin. Un rapport sera ensuite établi tous les 6 mois.
Sarah Leuridan